mercredi 11 mars 2009

Le "Fortisgate" ou le symbol de l'instant

L'évolution récente du scandale Politico-financier dit du "Fortisgate" en Belgique constitue à plus d'un égard un parfait exemple de l'inquiétante tendance de notre société depuis plus de vinght an maintenant: Un ultra libéralisme vicié à sa base même.

En effet, on ne peut que s'inquiéter de la tournure du discours politique qui, à grand renfort de déclarations alarmantes, n'a eut de cesse de présenter "l'adossement" du fameux fleuron de la finance belge au géant français BNP Paribas comme inéluctable. Un certain Didier Reynders et ses troupes nous ont inculqués leur évidence, à savoir qu'il était impossible pour l'État belge de supporter à lui seul la charge d'une banque telle que Fortis dont "la taille dépasse largement celle de l'État". Ce qui est profondément gênant selon moi, ce n'est pas tant la véracité même de ce discours que sont caractère disons "étriqué" -pour être gentil.

Effectivement, il parait tout à fait vraisemblable que, à l'heure de la mondialisation tout azimuts, l'existence d'une banque "nationale" belge soit rapidement mise à rude épreuve face à la concurrence directe d'institutions supranationales. Cela dit, cette même vision est largement conditionnée par une certaine approche de la question, n'envisageant le développement d'une banque que dans un milieu mondialisé et ultra libérale. Pas un seul instant la classe politique belge -malgré de timides mentions faites par la gauche- n'a prit la peine de remettre en cause le socle même du fonctionnement bancaire mondiale, celui là même qui est pourtant directement responsable de la situation actuelle.

En lieu et place de cette remise en cause d'un système à bout de souffle, on assiste à une fuite en avant perpétuelle. La seule réponse que le capitalisme connait pour faire face à ses crises, c'est grandir, devenir plus gros, allez plus vite et plus loin. Les faibles sont éliminés et les forts deviennent plus forts, "assainissant" le marché comme certains se plaisent à l'affirmer.

C'est à l'image de Fortis et BNP. Ce groupe deviendra l'un des premiers groupe bancaire d'Europe, attendra patiemment la fin de la crise avant de dominer allègrement les marchés. Il n'y a et n'y a jamais eut de volonté de changer le système -ne fut-ce que partiellement- qui nous à mener à cette crise. Les quelques déclarations à chaud de ministres scandalisés se sont tues pour faire place au pragmatisme. Ce faisant, ce même système s'apprête à tranquillement reprendre ses droits et à rétablir les bases inégalitaires de la future crise mondiale.

Il semble que nous ayons déjà manqué l'occasion d'influer sur le cours des événements, de faire pression sur le monde politique pour empêcher ces pratiques, ce système de se perpétuer. Faudra-t-il attendre une prochaine crise, plus rapide, plus sale encore et plus injuste pour provoquer de véritables réactions populaires?

Car c'est bien cela qui est inéluctable: de nouvelles crises. Comment pourrait il en être autrement alors que aucun des facteurs directs ne seront éliminés ou modifiés?